La France au bout des baguettes

couvVoici un livre bilingue français-chinois, typiquement interculturel. Il raconte l’intégration française de Yuanfen, jeune chinoise débarquant en France la tête pleine de clichés, imaginant les Parisiens se balader avec élégance, leur baguette sous la bras, et se nourrir de foie gras. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle se retrouve seule face à l’inconnu, sans repères, sans trace de ses images rêvées.

Commence alors le long apprentissage de la langue et de la culture françaises. Les barrières linguistiques, la vie quotidienne et administrative – redoutable casse-tête – le système éducatif totalement différent du sien exigent d’innombrables efforts d’adaptation. Petit à petit, elle s’habitue. Elle découvre des points communs avec la culture chinoise, et observe les deux cultures comme dans un miroir reflétant ressemblances et différences. La carte de Chine n‘a-t-elle pas d’ailleurs la forme d’un coq, symbole de la France ?

Tout au long de ce livre, elle peint par petites touches, en mot et en images, avec des aquarelles délicates, un peu de sa France et de sa Chine.

Je lai rencontrée en 2012 et je lui ai très vite proposé de concevoir un livre qui questionnerait les clichés que Français et Chinois ont les uns sur les autres mais qui montrerait aussi leurs points de rapprochement. Le livre paraît 4 ans plus tard, grâce à son travail régulier, son ouverture d’esprit, sa curiosité et sa persévérance, autant d’ingrédients qui sont aussi les garants de son intégration réussie.

Aujourd’hui, elle enseigne le chinois à Rennes, au niveau secondaire, tout en poursuivant son travail artistique axé sur le voyage, l’échange culturel avec son pays natal. Titulaire de plusieurs masters (arts plastiques, communication, création et management multimédia), elle illustre des livres et des films d’animation, et expose régulièrement dans sa ville d’adoption. Son site : http://xiaoyuanyuan.com

Vous pouvez commander ce livre carnet de voyage de 128 pages, sélectionné pour le prix du Salon de Clermont-Ferrand le 18 novembre prochain, en envoyant un mail à : info@migrilude.com

 

 

2 Commentaires

Classé dans Migrilude

Le FLE pour migrants (2)

p 125

La méthode J’apprends le français présente quelques autres particularités que je résume ici, la première étant qu’elle est à la fois livre et cahier d’exercices. L’espace de chaque page est aussi conçu de manière à accueillir la traduction dans la langue de chacun et parfois la translittération.

Elle est constituée de 6 chapitres qui se composent de la manière suivante.

– Séquence orthographique et phonologique : les différentes graphies et les sons des voyelles et des voyelles nasales sont présentées et illustrées (voir un extrait de dessin ci-dessus).

– Séquence « Lisons ensemble ». Il s’agit d’une lecture de mots à voix haute. Le but est de s’entraîner à la lecture pour se familiariser avec le découpage syllabique et se mettre la langue « en bouche et dans l’oreille », afin de découvrir toutes les spécificités de la prononciation. Pour la pratiquer régulièrement avec les débutants, je remarque que c’est un rituel qu’ils apprécient et qui les rassure. Il ouvre le filtre phonologique de certaines personnes dont le système est très différent du français.

– La séquence vocabulaire présente une situation de communication ou une thématique simple à explorer à partir d’un environnement immédiat : la famille, la nationalité, la météo, le temps chronique…

– Chaque séquence de grammaire insiste sur les verbes être, avoir, aller et ceux du 1er groupe, en proposant des variantes d’exercices facilement transformables pour en créer de nouveaux.

– Une séquence est réservée au lexique vu au cours du chapitre et à enrichir : les apprenants sont invités à chercher une trentaine de mots dans un dictionnaire et à les traduire/transcrire dans leur langue.

– Séquence Suisse, Belgique, France :selon le pays d’accueil des élèves, ils trouvent dans ces pages des éléments socio-culturels qui les invitent aussi à parler de leur pays. Le chapitre 6 par exemple propose un panorama des principales religions pratiquées dans ces 3 pays. Ce sont des questions qui intéressent tant les étudiants que mes élèves de niveau A2 ont dernièrement passé 2 heures à discuter, échanger et à expliquer aux uns et aux autres leurs pratiques, avec passion mais aussi respect. Cela a aussi permis un débat sur la laïcité où chacun est ressorti grandi d’avoir pu s’exprimer et se faire entendre des autres. Le groupe en est devenu plus soudé.

Poster un commentaire

Classé dans Migrilude

Le FLE pour migrants (1)

page-42-FLE

 

J’ai peu écrit ici sur la méthode de français J’apprends le français, en Suisse, en Belgique, en France que Migrilude a coédité avec les éditions LEP, en 2014 (ISBN 978-2-606-01527-5).   Je souhaite en dire quelques mots supplémentaires car en tant qu’enseignante de FLE pour adultes (et non, je ne suis pas qu’éditrice !), je l’utilise avec tous mes élèves de niveau A1, en commençant par les grands débutants. C’est un outil exceptionnel à plusieurs titres.

L’auteure, Brigitte Sutter-Freres – qui enseigne le FLE depuis plus de 30 trente ans – connaît les difficultés des migrants peu scolarisés ou scolarisés dans un autre alphabet que le nôtre. Elle a appris l’arabe pour se mettre en situation d’apprenante et comprendre ce que ses élèves ressentaient (j’insiste sur le mot) dans ses cours de français.

Elle sait que l’image et le geste sont les premiers vecteurs de compréhension, mais que ceux-ci se doivent d’être très simples pour être compris et interprétés avec le moins d’ambiguïté possible par tous.

Elle sait aussi que les élèves non aguerris à des manuels scolaires ne savent ni décoder ni hiérarchiser les différentes informations présentes sur une page. Les méthodes courantes regorgent de titres, de sous-titres, de sigles, de pictogrammes, de textes de diverses natures, d’encadrés, d’images répondant à des codes culturels que les migrants ne comprennent pas forcément. Les exercices y sont introduits par des consignes qu’ils ne lisent pas.

Elle a donc volontairement conçu des pages simples, dépouillées mais colorées qui ne fatiguent pas l’œil du lecteur.

Elle a créé un code couleur permettant de libérer temporairement les apprenants de l’identification difficile du genre des noms et des adjectifs : ainsi tout mot masculin est bleu, tout mot féminin est en violet, le pluriel est indiqué en rouge, tout verbe est vert.   Les enseignants de FLE ou d’alpha le savent bien : il y a tant de personnes parmi nos élèves qui n’ont pas les notions grammaticales de bases, telles que savoir distinguer un nom d’un adjectif, savoir ce que sont un sujet et un verbe. Il faut s’y prendre à plusieurs fois pour que ces concepts soient assimilés.

Une fois ceci introduit auprès des élèves, dès qu’ils lisent un mot, ils savent au moins à quel genre il appartient, s’il est singulier ou pluriel ou s’il s’agit d’un verbe.

Poster un commentaire

Classé dans Migrilude

Deux langues minoritaires de Guyane publiées

la femme apalaï

Cela n’existait pas jusqu’à présent. Cela existe depuis mai 2015, date à laquelle sont parus deux abécédaires en langues apalaï et wayana ainsi qu’un recueil de récits trilingues. L’apalaï et le wayana sont deux langues caribes parlées sur une vaste zone frontalière qui se situe entre le Brésil, la Guyane française et le Surinam.

L’apalaï est parlée par environ 500 personnes tandis que le wayana compte environ 2000 locuteurs. Si le wayana est considéré par la France comme langue régionale et y est enseigné, ce n’est pas le cas de l’apalaï qui n’a pas de statut. Mais les deux langues ont un alphabet qui a été standardisé.

Il manquait aux enfants des outils leur permettant d’être en contact écrit avec la langue qu’ils pratiquent au quotidien. C’est désormais chose faite avec ces deux abécédaires et ce recueil réalisé par les enfants eux-mêmes dans le cadre d’ateliers menés à l’école d’Antécume Pata par Amparo Ibanez, enseignante et Eliane Camargo, spécialiste de ces deux langues.

Les abécédaires trilingues permettent d’alphabétiser les enfants apalaï et wayana dans leurs langues maternelles et de sensibiliser les élèves de l’école française en Guyane aux langues régionales et minoritaires.

Le recueil de récits trilingue (apalaï, wayana, français) présente quelques aspects du riche patrimoine culturel et linguistique de ces peuples à travers des récits fondateurs, collectés par les enfants auprès des anciens. Voilà de quoi restaurer la fierté et la dignité des élèves apalaï et wayana et de les outiller pour lire des histoires qui les concernent et qui parlent d’eux. Nous espérons de tout coeur que ces trois ouvrages leur parviendront, malgré les difficultés pour les acheminer dans la forêt amazonienne et pour les faire connaître des enseignants en quête de matériel scolaire adapté au bilinguisme de leurs élèves.

1 commentaire

Classé dans Migrilude

Silencieuse mais pas inactive

Voici près d’un an que je n’ai rien publié sur ce blog. J’ai quelques excuses, notamment la rédaction d’un master recherche en didactique du français langue étrangère/seconde qui a accaparé temps et énergie pendant de longs mois. Soutenu en septembre dernier à l’Université de Besançon, il est désormais derrière moi. Son titre ? Diversité linguistique à l’école maternelle franc-comtoise et suisse jurassienne : analyse de discours d’acteurs de l’éducation.
Je ne m’étends pas davantage, m’étant suffisamment exprimée, à travers la voix des autres (les acteurs de l’éducation évoqués dans le titre), sur 394 pages. Les personnes intéressées par la question peuvent m’envoyer un mail, je leur transmettrai individuellement.

Par ailleurs, 5 nouveaux titres sont parus, que je vais présenter au cours des prochaines semaines, sur ce blog. Trois autres titres sont en préparation. Amis lecteurs, soyez attentifs et merci de votre patience. La micro édition requiert temps et persévérance.

 

2 Commentaires

Classé dans Migrilude

Jeu bilingue français-allemand pour le musée

couv Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans Migrilude

J’édite « pour » et »avec »

Bien sûr en tant qu’éditrice, je me suis posée 1000 questions sur le numérique, les applications multilingues audio, etc. et ma poursuite éditoriale sous forme papier.
Je demande ici aux propriétaires des dites applications multilingues de ne pas déposer de commentaires commerciaux visant à me convaincre du bienfait de leurs outils pratiques, interactifs, collaboratifs et immédiats, car je suis convaincue merci, un support n’empêchant pas l’autre.

Je me suis aussi interrogée 1000 fois sur le sens d’éditer peu d’ouvrages, de prendre tant de temps pour les réaliser et d’être si peu présente et si peu visible sur le marché éditorial, ce qui est contraire à un esprit d’entreprise lucratif.

Si je voulais être présente sur le marché éditorial et publier selon la demande des diffuseurs, c’est-à-dire au moins 20 titres par an pour leur permettre de se faire un peu de chiffre sur mon dos et au passage envoyer 70% de mon stock au pilon comme cela se fait couramment dans l’édition, il ne me fallait pas choisir le multilinguisme.
Parmi les langues, il ne me fallait pas choisir celles des minorités linguistiques (qui rappelons-le, sont considérées minoritaires ici mais sont nationales, officielles ailleurs), étant donné que l’approche Éveil aux langues dans laquelle je m’inscris peine à se faire une place revendiquée dans les pratiques enseignantes, révélatrices d’un poli déni de la part de l’institution normalisante.

Je persiste et je signe dans ma démarche artisanale de faire des livres pour les minorités linguistiques et avec les enfants, les enseignants convaincus, les linguistes et ceux qui œuvrent dans le même sens que moi. Tant pis si les livres restent peu visibles et sont absents des librairies. Tant de personnes passionnantes et dignes d’intérêt n’y entrent pas non plus. Le public auquel les imagiers Migrilude sont destinés finit par croiser leur chemin, d’une façon ou d’une autre, tôt ou tard, et je remercie les personnes qui les utilisent et les font connaître.

Je continue par ailleurs d’être émue par le rapport graphisme-papier bien plus que par le rapport graphisme-écran et je pense qu’il faut persévérer pour fournir de multiples supports de lecture et d’observation.

Je persiste et je signe au nom de la diversité, pour lutter Contre la pensée unique (je renvoie là au titre d’un livre de Claude Hagège qui dénonce avec ferveur la volonté américaine d’imposer son modèle culturel dans le monde) contre un seul mode de faire, pour le droit de penser et d’agir différemment, pour celui d’être soi-même (soi-m’aime), telle quelle (au féminin, au masculin et au singulier et au pluriel).

Poster un commentaire

Classé dans Migrilude

De l’altérité jusque dans mes rêves

Cet après-midi, je me suis adonnée à une sieste suite à une séance de débroussaillage. Rien ne m’épuise davantage que la confrontation pendant une heure avec cet appareil bruyant et la seule façon d’apaiser mon corps et mon bras crispés sous l’effet des vibrations du moteur est de m’abandonner ensuite à la langueur de la sieste. Dans la demie conscience qui précède le réveil, il m’est venu l’image d’une photographie de poupée revêtue de vêtements fabriqués dans des fibres élastiques. Ces poupées figuraient sur les produits de la marque Novélastic, créée par l’entreprise Thuasne dans les années 1970, où mon père officiait comme cadre.

Je retrouvais cette sensation rare de l’enfance, cette contemplation proche de la méditation où rien n’existe d’autre que l’image et ce qu’elle évoque pour l’enfant qui l’observe. J’observais les yeux bleus et les cheveux de cette poupée, son regard fixe et perçant, son sourire énigmatique, proche de celui de la Joconde, les rayures de son vêtement. Elle portait une espèce de poncho bleu marine et blanc assorti d’une jupe. J’avais vu cette image dans mon enfance car mon père – dont j’ai aussi rêvé la nuit passée – rapportait des modèles à la maison pour nous demander ce que nous en pensions.

Mais qu’est-ce que ce souvenir d’enfance vient donc faire sur un blog dédié au multilinguisme ? se demandera le lecteur étonné, et ce d’autant plus que j’ai commencé il y a quelques semaines un article sur la méthode de français pour adultes migrants mise au point avec Brigitte Frères et que je n’en ai toujours pas rédigé la deuxième partie.
Je réponds donc à l’éventuel lecteur dérouté, d’une part, que je poursuivrai l’article sur la méthode de français lorsque j’aurai fini la rédaction du master de recherche dans lequel je suis engagée et, d’autre part, que le présent article a pour visée une écriture récréative bienvenue depuis six semaines que je suis immergée dans la tentative de rédaction d’un écrit scientifique.
Le lecteur curieux de comprendre la finalité de cet article va néanmoins découvrir que du multilinguisme à la tolérance, il n’y a qu’un souffle, celui qui permet l’échange avec l’autre, avec la vie dans toute sa diversité (ce qui est aussi le sujet de mon master).

Dans mon demi réveil donc, je me suis donné l’ordre de trouver le sens de l’apparition de cette image de poupée qui me faisait penser à une dame allemande (comprendre l’association poupée-dame allemande relève d’une autre démarche qui n’a pas sa place dans ce blog). J’ai ensuite parcouru mentalement les images de l’imagier multilingue Bon appétit Suzy, paru en 2006 et je me suis souvenue que, lors de sa conception, j’avais voulu évoquer des sensations venues de l’enfance, en m’attachant, avec l’illustratrice Anne Lefebvre, à imaginer un décor qui, petite, m’aurait fait voyager dans d’autres vies que la mienne.

Avec Anne, nous avions choisi des ustensiles de différents pays ou régions : un couteau de cuisine portugais, un micro-onde chinois, un égouttoir alsacien, un balai portugais, une cafetière italienne. Quelle chance, me suis-je dit au sortir de mon rêve, d’être née et d’avoir préservé cette conscience de la pluralité qui me traverse, à l’image de cette poupée que j’imaginais allemande, de ce balai africain, de ce couteau portugais, de ces objets venus de partout qui remplissent nos maisons.

Qu’elle chance d’être née avec cet appel vers l’autre et cette conscience de l’autre en moi quand tant d’êtres humains – ceux qui par exemple, ont voté le 9 février contre l’immigration massive des étrangers en Suisse – la rejettent. En ce qui me concerne, je n’ai pas ce travail d’éradication de la peur à accomplir, j’en ai d’autres, mais pas celui-là.

Poster un commentaire

Classé dans Migrilude

Nouvelle méthode de français pour adultes migrants

Image

J’ai rencontré Brigitte, l’auteure et la conceptrice de cette méthode, il y a plus de trois ans, à Bienne, en Suisse. Elle enseignait le français à Bienne tandis que je commençais à la fois un master de FLE à l’Université de Besançon (FR), et à enseigner le français  à des femmes migrantes, à Porrentruy (CH) . Mes élèves avaient des parcours très différents : venues d’Erythrée, de Colombie, de Turquie ou de Grande-Bretagne, certaines n’avaient jamais été scolarisées, d’autres possédaient un titre universitaire obtenu dans leur pays. Il fallait tout imaginer, tout concevoir, s’adapter aux écarts de niveau dans une même classe, piocher ça et là dans des méthodes conçues pour un public vivant en France, choisir entre des méthodes d’alphabétisation, de grammaire, jongler, suivre les unes lettre après lettre, tout en stimulant les autres qui s’interrogeaient avec pertinence sur les nombreuses exceptions aux règles du français, les faire rire, les faire parler, toutes mais pas en même temps.  Je ne voyais pas l’heure passer tant il y avait à faire mais je quittais le cours dynamisée par les échanges tout en rêvant à l’outil qui me permettrait de faire progresser méthodiquement chaque élève à son niveau.

Cette méthode, Brigitte l’a faite et j’en ai assurée la direction éditoriale.

 

Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans Migrilude

l’arbre timbré (suite illustrée de Timbrés et fiers de l’être)

l'arbre timbré (suite illustrée de Timbrés et fiers de l'être)

Poster un commentaire

03/21/2014 · 15:10