Archives mensuelles : mars 2013

Julia Kristeva dit : « On peut vivre sur plusieurs langues »

[… On peut être étranger dans sa langue comme on peut être étranger parce qu’on est porté par ce flux de la communication, de déplacements d’entreprises, de globalisation, on est pris dans le maelström des langues. Passer d’une langue à l’autre est une expérience qui peut être extrêmement  morbide. J’ai parmi mes étudiants des jeunes qui adoptent la langue étrangère qui leur sert de sparadrap. Il y a une blessure et je la refoule et la langue étrangère me permet d’oublier. Mais à partir de là, on se déprime ou on somatise parce qu’on n’a plus de langue. La langue nouvelle n’est pas une langue, elle reste une peau morte et tant qu’on ne l’a pas intériorisée avec des affects, et quand on n’a pas projeté son inconscient en elle, ce n’est pas une langue. Donc, j’essaye, moi, de dire qu’on peut vivre sur plusieurs langues. Pour moi, L’individu européen est kaléidoscopique parce que, il est obligé – sinon avec 25 langues – au moins de vivre en paix avec plusieurs langues….]

Transcription légèrement retouchée de :

L’expérience intérieure à contre-courant

animé par Colette Fellous (France Culture)

27 avril 2011 – Réfectoire des Cordeliers, Paris

Extrait à la 85’ : http://www.philippesollers.net/julia-kristeva-philippe-sollers-experience-interieure.html

 

 

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Que faire avec un imagier multilingue ?

Que faire avec un imagier multilingue?

Que faire avec un imagier multilingue?

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03/12/2013 · 15:19

Que faire avec un imagier multilingue?

Cécile est française et habite à Rome. Elle a un fils, Matteo, avec lequel elle parle français, tandis que le papa italien lui parle sa langue maternelle.

Cécile montre un imagier multilingue à Matteo. Elle décide de faire une lecture horizontale avec seulement les mots en français. Elle tourne les pages et montre les objets qu’elle nomme. Matteo réagit spontanément en imitant le son qu’il a entendu ou parfois il se tait, parfois il montre aussi l’objet du doigt. Pour faire le lien avec des objets réels de la maison, Cécile prend une fourchette et la montre à Matteo, elle lui montre aussi la fourchette illustrée sur l’imagier.

Elle décide de vérifier s’il lui reste des souvenirs d’arabe qu’elle a appris lorsqu’elle était étudiante. Elle repasse en revue les pages illustrées et explique à Matteo qu’elle essaye de déchiffrer les mots arabes. Pour certains, elle arrive à lire, pour d’autres, elle a oublié. Ce n’est pas grave. Matteo a vu et entendu qu’il existe d’autres langues que le français et l’italien, qu’une langue s’apprend, se découvre, s’oublie, qu’elle vit et s’essaye à travers la personne qui la parle avec ses hauts et ses bas, avec des erreurs, comme la vie, en fait.

Cécile pourrait mettre un ipad avec jeux et application multilingue dans la main de Matteo ou le placer devant un ordinateur pour qu’il clique pendant qu’elle prépare le repas. Elle préfère passer du temps avec un livre et son fils et être la propre médiatrice des découvertes qu’il fait.

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