J’édite « pour » et »avec »

Bien sûr en tant qu’éditrice, je me suis posée 1000 questions sur le numérique, les applications multilingues audio, etc. et ma poursuite éditoriale sous forme papier.
Je demande ici aux propriétaires des dites applications multilingues de ne pas déposer de commentaires commerciaux visant à me convaincre du bienfait de leurs outils pratiques, interactifs, collaboratifs et immédiats, car je suis convaincue merci, un support n’empêchant pas l’autre.

Je me suis aussi interrogée 1000 fois sur le sens d’éditer peu d’ouvrages, de prendre tant de temps pour les réaliser et d’être si peu présente et si peu visible sur le marché éditorial, ce qui est contraire à un esprit d’entreprise lucratif.

Si je voulais être présente sur le marché éditorial et publier selon la demande des diffuseurs, c’est-à-dire au moins 20 titres par an pour leur permettre de se faire un peu de chiffre sur mon dos et au passage envoyer 70% de mon stock au pilon comme cela se fait couramment dans l’édition, il ne me fallait pas choisir le multilinguisme.
Parmi les langues, il ne me fallait pas choisir celles des minorités linguistiques (qui rappelons-le, sont considérées minoritaires ici mais sont nationales, officielles ailleurs), étant donné que l’approche Éveil aux langues dans laquelle je m’inscris peine à se faire une place revendiquée dans les pratiques enseignantes, révélatrices d’un poli déni de la part de l’institution normalisante.

Je persiste et je signe dans ma démarche artisanale de faire des livres pour les minorités linguistiques et avec les enfants, les enseignants convaincus, les linguistes et ceux qui œuvrent dans le même sens que moi. Tant pis si les livres restent peu visibles et sont absents des librairies. Tant de personnes passionnantes et dignes d’intérêt n’y entrent pas non plus. Le public auquel les imagiers Migrilude sont destinés finit par croiser leur chemin, d’une façon ou d’une autre, tôt ou tard, et je remercie les personnes qui les utilisent et les font connaître.

Je continue par ailleurs d’être émue par le rapport graphisme-papier bien plus que par le rapport graphisme-écran et je pense qu’il faut persévérer pour fournir de multiples supports de lecture et d’observation.

Je persiste et je signe au nom de la diversité, pour lutter Contre la pensée unique (je renvoie là au titre d’un livre de Claude Hagège qui dénonce avec ferveur la volonté américaine d’imposer son modèle culturel dans le monde) contre un seul mode de faire, pour le droit de penser et d’agir différemment, pour celui d’être soi-même (soi-m’aime), telle quelle (au féminin, au masculin et au singulier et au pluriel).

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