Le FLE pour migrants (1)

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J’ai peu écrit ici sur la méthode de français J’apprends le français, en Suisse, en Belgique, en France que Migrilude a coédité avec les éditions LEP, en 2014 (ISBN 978-2-606-01527-5).   Je souhaite en dire quelques mots supplémentaires car en tant qu’enseignante de FLE pour adultes (et non, je ne suis pas qu’éditrice !), je l’utilise avec tous mes élèves de niveau A1, en commençant par les grands débutants. C’est un outil exceptionnel à plusieurs titres.

L’auteure, Brigitte Sutter-Freres – qui enseigne le FLE depuis plus de 30 trente ans – connaît les difficultés des migrants peu scolarisés ou scolarisés dans un autre alphabet que le nôtre. Elle a appris l’arabe pour se mettre en situation d’apprenante et comprendre ce que ses élèves ressentaient (j’insiste sur le mot) dans ses cours de français.

Elle sait que l’image et le geste sont les premiers vecteurs de compréhension, mais que ceux-ci se doivent d’être très simples pour être compris et interprétés avec le moins d’ambiguïté possible par tous.

Elle sait aussi que les élèves non aguerris à des manuels scolaires ne savent ni décoder ni hiérarchiser les différentes informations présentes sur une page. Les méthodes courantes regorgent de titres, de sous-titres, de sigles, de pictogrammes, de textes de diverses natures, d’encadrés, d’images répondant à des codes culturels que les migrants ne comprennent pas forcément. Les exercices y sont introduits par des consignes qu’ils ne lisent pas.

Elle a donc volontairement conçu des pages simples, dépouillées mais colorées qui ne fatiguent pas l’œil du lecteur.

Elle a créé un code couleur permettant de libérer temporairement les apprenants de l’identification difficile du genre des noms et des adjectifs : ainsi tout mot masculin est bleu, tout mot féminin est en violet, le pluriel est indiqué en rouge, tout verbe est vert.   Les enseignants de FLE ou d’alpha le savent bien : il y a tant de personnes parmi nos élèves qui n’ont pas les notions grammaticales de bases, telles que savoir distinguer un nom d’un adjectif, savoir ce que sont un sujet et un verbe. Il faut s’y prendre à plusieurs fois pour que ces concepts soient assimilés.

Une fois ceci introduit auprès des élèves, dès qu’ils lisent un mot, ils savent au moins à quel genre il appartient, s’il est singulier ou pluriel ou s’il s’agit d’un verbe.

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